Budget 2020 – 2027 : les premières annonces

Alors que les négociations pour le prochain budget européen s’accélèrent, les premières annonces laissent entrevoir 
un budget à la hausse, soumis à de nouvelles règles de répartition. 

1279 milliards d’euros annoncés pour la période 2021-2027

Le budget européen correspond aux ressources mises en commun par les 28 Etats membres afin de développer les politiques 
européennes, ou encore les projets financés par les fonds européens comme le Fond Social Européen (FSE) ou le Fond 
Européen de Développement Économique et Régional (FEDER). Un nouveau budget est adopté tous les ans, mais il
 est également planifié à long terme sur des périodes de 7 ans, avec ce que l’on appelle le « cadre financier pluriannuel », 
ce qui permet d’assurer une certaine prévisibilité des dépenses, mais aussi de fixer leur fixer un plafond. 
Nous sommes actuellement dans la période 2014-2020, pour laquelle le Parlement européen, qui décide du 
budget, a voté un budget de 960 milliards d’euros. Le budget 2021-2027, actuellement en cours de préparation, est 
annoncé à la hausse : 1279 milliards d’euros. Cet argent est en grande partie versé par les pays membres (environ 75%), selon 
leur PIB : les pays les plus riches sont les plus grands contributeurs au budget européen (Allemagne et France en tête). 
Mais l’Union dispose également de ses propres ressources, notamment des taxes qu’elles prélève sur les importations 
ainsi qu’une partie de la TVA qui lui est directement reversée. 

Quelles évolutions sont annoncées ?

Ce budget a la hausse permettra de renforcer certains programmes, mais également de réorienter d’autres
 dépenses pour tenir compte des évolutions sociétales et économiques. Par exemple, le budget alloué 
au programme Erasmus+, véritable succès européen, devrait doubler, permettant ainsi à un nombre toujours
 plus élevés de jeunes, d’apprentis, d’étudiants et de stagiaires de bénéficier d’une période d’immersion dans un autre
 pays de l’UE. D’autres budgets, comme les fonds de la politique de cohésion (qui permet d’attribuer des 
aides aux régions les moins développées afin qu’elles rattrapent leur retard), et qui bénéficiaient 
principalement aux pays d’Europe centrale et de l’est devraient être davantage redirigées vers les pays 
d’Europe du sud, car ces pays sont ceux qui ont le plus de mal à se remettre de la crise financière, mais aussi
 parce que ce sont les pays en première ligne dans la gestion des migrants.

Mais l’Union veut également innover dans les principes qui vont guider la répartition des fonds. 

En effet, face à l’hypocrisie de certains responsables politiques qui se montrent ouvertement hostile
 à la poursuite du projet européen tout en captant un maximum de financements, la Commission souhaite 
conditionner l’octroi d’aides européennes au respect des valeurs fondamentales de solidarité et de démocratie. 
Ainsi, les Etats qui ne respecteraient pas l’indépendance du système judiciaire pourraient voir leurs aides baisser. 
D’un autre côté, les régions accueillant un nombre important de migrants verraient leurs aides augmenter. 

La négociation du budget est donc un exercice subtil d’équilibriste auquel vont se livrer tout prochainement les
 responsables européens : rassurer et encourager les investisseurs, satisfaire les priorités politiques des 
gouvernements et surtout répondre aux attentes des 500 millions de citoyens européens.

Pour plus d’informations : La section de Toute l’Europe relative au budget européen