Crise migratoire : l’éternel désaccord

Alors que les efforts de la société civile pour secourir et intégrer les migrants continuent, les négociations politiques entre les 28 échouent pendant l’été.

Où en est la crise des migrants ?

Après avoir connu un pic en 2015 avec près d’un million d’arrivée, au plus fort des crises politiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les flux de migrants ont considérablement réduit : moins de 65 000 pour le 1er semestre 2018. Rapporté aux 500 millions de citoyens européens, le poids de la migration est donc extrêmement minime, bien que les images des embarcations de fortunes traversant la Méditerranée marquent les esprits. L’accord entre l’Union et la Turquie, qui vise à bloquer les routes migratoires vers la Grèce et les Balkans en échange d’aides financières, pousse de nouveau les migrants à utiliser les routes passant par l’Espagne et l’Italie, et donc à effectuer la dangereuse traversée de la Méditerranée, qui a déjà fait plus de 1500 victimes cette année.

Pourquoi l’Union européenne n’arrive pas présenter un front uni face à cette crise ?

Avec l’arrivée d’un gouvernement pro-européen en Espagne, et d’un gouvernement anti-européen en Italie, les deux pays les plus concernés par les vagues de migrants aujourd’hui, les négociations européennes se complexifient, sur fond d’ouverture de la campagne pour les élections européennes de mars 2019. Alors que le projet de création de centres fermés aux frontières de l’Union peinent à convaincre, laissant de nombreux doutes quant au respect de la dignité des personnes qui y transitent, le projet de mécanisme d’aide financière destiné à aider les pays accueillant le plus de migrant provoque une levée de bouclier chez les dirigeants d’Europe de l’Est. De plus en plus politisé, ce dossier illustre les désaccords grandissants qui opposent les décideurs politiques sur la poursuite de la construction européenne. En particulier, les règles de répartition des demandeurs d’asile au sein des Etats-membres («système Dublin»), sont au coeur des discussions.

De belles initiatives citoyennes

Face à ce blocage politique, la société civile s’organise. Un des exemples les plus concrets de cette solidarité citoyenne est sans nul doute celui de l’Aquarius, navire affrété par l’ONG SOS Méditerranée, qui sillonne depuis plus de 2 ans les eaux mortelles de la Méditerranée, et a secouru plus de 15 000 migrants pour la seule année 2017. L’épopée du navire a notamment inspiré un opéra.

Une autre initiative à saluer est celle de deux pilotes français qui, aux commandes du Colibri, logent les côtes d’Afrique du Nord par le ciel, afin de repérer les navires en difficulté et participer au guidage des secours.

Enfin, pour ceux qui voudraient s’engager et apporter leur aide, le site Sursaut Citoyen qui recense plus de 1000 initiatives en faveur des migrants permet de trouver près de chez soi des associations où être bénévole et participer à son échelle à la résolution de cette crise.