Nucléaire iranien : la diplomatie européenne réagit

Après l’annonce du retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, la diplomatie européenne se mobilise pour trouver une solution.

Comment l’Union s’est elle impliquée dans les négociations sur le nucléaire iranien ?

L’accord sur le nucléaire iranien (Joint Comprehensive Plan of Action – JCPOA) a été signé en juillet 2015 entre l’Iran, la Russie, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Chine et l’Allemagne (groupe dit des « 5+1 »). Cet accord prévoit que l’Iran s’engage à démanteler une grande partie de son programme nucléaire, en contrepartie de quoi la République Islamique bénéficierait progressivement d’une levée des sanctions économiques qui la frappent. L’Union européenne a été particulièrement active dans l’élaboration de cet accord, notamment par le biais du Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité : Catherine Ashton jusqu’en 2014 puis Federica Mogherini. La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne avaient déjà préparé le terrain par la conclusion d’accords avec l’Iran dès 2003.

L’Union s’est engagée de manière profonde dans cet accord, non seulement dans sa négociation mais également dans sa mise en œuvre. L’accord prévoit notamment que le Service d’Action Extérieure de l’Union européenne (SEAE), qui concentre les ressources diplomatiques de l’union, est responsable de la coordination de deux groupes de travail : l’un sur les marchés publics et l’autre sur la levée des sanctions.

Quelle est la position européenne après le retrait des États-Unis ?

Malgré la conclusion de cet accord, la confiance entre les Etats-Unis et l’Iran est restée fragile, et même insuffisante pour faire rester les Etats-Unis dans cet accord, menaçant alors les entreprises opérant en Iran de se voir pénaliser par les américains.

L’Union européenne tente alors d’apporter des gages de confiance et de stabilité pour sauver cet accord qui représente un « élément clé de l’architecture mondiale de non-prolifération nucléaire ». Si la politique étrangère a longtemps illustré la cacophonie entre les pays européens, cette fois les 28 ont présenté un front uni : selon la Haute Représentante Federica Mogherini, la survie de l’accord ne concerne pas seulement « un intérêt économique, il s’agit d’un intérêt sécuritaire pour l’Union européenne … en l’absence de l’accord nucléaire avec l’Iran … la sécurité de la région et de l’Europe est en jeu ».

« Il reste un certain nombre de sanctions en vigueur du côté de l’Union européenne, dont certaines sont liées aux droits de l’homme. Mais nous pensons qu’il est plus productif de dialoguer et de tendre la main que d’interrompre le dialogue et de chercher la confrontation. Normalement, cela donne davantage de résultats et nous sommes déterminés à poursuivre sur cette voie, » a précisé Mme Mogherini.

L’UE se pose donc comme le garant principal de l’accord, tempérant d’un côté des ardeurs américaines, et de l’autre, les craintes des iraniens.