Suderbyn Ecovillage’ Experience

Je m’appelle Claude-Eric Marquet, j’ai 23 ans et j’ai réalisé d’août à décembre 2017 un service civique avec l’association Eurocircle à Marseille. Ce service comprenait 3 semaines de préparation/formation à Marseille et 17 semaines dans l’écovillage Suderbyn , situé sur l’Ile de Gotland en Suède.

 

La formation à Marseille comprenait des initiations au développement durable, création de projet, dépollution des calanques, cuisine végan, passage du diplôme PSC1.

Mes principales intentions avant de partir étaient :

  • Grandir dans la connaissance de moi-même, des autres, et de la nature
  • Etre inspiré par cet écovillage pour ramener ces connaissances dans la ville
  • Améliorer mon anglais pour rentrer en relation/communication avec des personnes étrangères
  • Me donner des idées pour un futur master, travail

Suderbyn’ intention is to « live in a way that creates a prosperous living environment while minimizing our environmental footprint. In creating Suderbyn Ecovillage together, we aim to live close to nature and achieve a more sustainable lifestyle, striving for self-sufficiency in food production and renewable energy, prioritizing ecological and local materials » (http://www.suderbyn.se/).

Voici un résumé, une relecture de ma première expérience dans un écovillage : Suderbyn. 

Découverte et vie dans l’éco-village

Adaptation à un nouvel environnement

 C’était ma première expérience dans un écovillage, ainsi la découverte était totale.

La fameuse « barrière de la langue » s’est fait ressentir dès mon arrivé. Malgré mon niveau d’anglais correct, je pouvais être frustré d’avoir seulement des discussions superficielles avec les personnes par manque de vocabulaire et de voir apparaitre une certaine gêne pour parler devant la communauté. M’efforçant à communiquer  uniquement en anglais même avec les français présent sur site, j’ai pu être définitivement à l’aise ( image 1) en 2 semaines environ.

Image 1 : A l’aise !

La diversité des personnes, venant du monde entier, était un formidable challenge. Pour réellement entrer en relation avec une autre personne, je devais  m’exprimer de façon claire et précise car entre un français et un chinois par exemple, la culture, éducation, façon de vivre est complètement différente.

La proximité des personnes était très intéressante. La « bise » est remplacée par  « Hugs, cuddle » et les massages sont quotidiens. Evidemment une personne garde son entière liberté si elle n’est pas à l’aise avec ça.Mes nuits dans le bungalow sans électricité, qui était mon choix, me sont apparues très agréables. S’éclairer à la bougie pour lire émettait une atmosphère vraiment cosy.En ce qui concerne la nourriture végan, celle-ci est tellement variée et que je n’ai même pas manqué un bon steak.

Enfin le passage aux toilettes sèches était étrange au début. Cependant réutiliser son urine et ses fèces a tellement de sens, que je me suis rapidement habitué.

 

Un mode de vie plus sobre, respectant l’environnement

 Suderbyn est pensé selon un design de permaculture de par l’organisation social, alimentaire et des habitats,  afin d’emmener les personnes à grandir et l’environnement telles que le sol à s’enrichir.

La plupart des infrastructures récentes telles que les maisons en argile, toilettes sèches sont de l’écoconstruction  à base principalement de matériaux naturels et locaux. L’intention est également de réaliser et construire un maximum par les personnes de la communauté et non par des professionnels. Par exemple,  la construction du système de production de biogaz est entièrement réalisée par la communauté. Grâce à ce biogaz, aux éoliennes et aux panneaux solaires, Suderbyn a pour vision l’autonomie énergétique. La sobriété énergétique est accentuée avec, par exemple, l’éclairage à la bougie dans les bungalows, l’économie d’eau et le chauffage au poêle à bois.

Image 2 : Création des « lits ».

L’écovillage  utilise et favorise les circuits fermés  (« close loop ») et la réutilisation. La réutilisation de l’urine, des fèces et des déchets alimentaires pour les cultures et les arbres, le traitement de l’eau qui est ensuite réinjectée dans le sol, les habits usés stockées sous forme d’un « free shop », en sont quelques exemples.

Suderbyn a pour vision  une certaine autonomie alimentaire et une vente à l’extérieur. La culture sur lit (image 2) est utilisé pour ne pas endommager le sol mais au contraire l’enrichir années après années. Pour ma part, manger des produits du jardin  a été une grande satisfaction.

 

 

 

Une vie communautaire intense

 A Suderbyn vivent des résidents permanent, des volontaires ou des personnes de passage. Le centre de la vie communautaire se situe dans la « main house ». Sa pièce maitresse, la « social room » était le lieu far des rencontres via des discussions, de la musique, des jeux , des massages…

Image 3 : Morning Meeting

Pour être à l’aise dans la communauté et être connecté les uns les autres, plusieurs « meeting » étaient organisés.

  • Chaque matin sauf le week-end, la journée démarre avec un  « morning meeting » (image 3) pour présenter et répartir le travail  à faire et connecter avec la communauté.
  • 2/mois se tient le « Sharing circle » : C’est un moment intense d’expression de ce qu’on a sur le cœur. La personne prenant la parole parle et a l’attention des autres.
  • Le « Community meeting » a lieu 1/semaine, comprenant deux parties : informations (exemple : 2 volontaires arrivent demain) et discussion (exemple : création d’un évènement)

Ainsi tous ces « meetings  » permette de souder la communauté et créer un espace sans jugement, permettant l’expression de ce que l’on porte et veux.

Presque chaque semaine, des personnes arrivent et partent dans l’écovillage. Ce turn-over rend la vie communautaire changeante, emmenant du « piment », et tout en gardant une structure stable grâce au solide groupe de personnes vivant de façon permanente dans l’éco-village. De plus Suderbyn organisent plusieurs  « workcamp » au cours de l’année. Pendant cet événement de 2 semaines, une dizaine de volontaires viennent travailler à Suderbyn et sont en échange nourris et logés. 2 ont été organisés pendant mon séjour, amenant une vie communautaire encore plus intense et intéressante.

Des « Workshops » sont organisés régulièrement par des personnes de la communauté voulant transmettre un savoir à la communauté. J’ai par exemple organisé 2 workshop sur «  savoir-faire du pain » et «  comment se brosser les dents avec certaines essences de  bois ».

La diversité des travaux

 Voici les principaux travaux que j’ai réalisés au cours de mon séjour à Suderbyn.

  • Eco- Construction: la majorité des composés utilisés sont choisis car n’ont pas ou peu d’impact sur l’environnement. La douche extérieure, le sauna ou encore les maisons pour animaux, fabriqués à base  d’argile et de paille, et récupérés par des producteurs locales, sont de bons exemples d’éco-habitats. J’ai participé à la construction d’une scène de musique, de toilettes sèches, de meubles, et à la mise en place de la production de biogaz.
  • Le travail au jardin a été également intense. La période estivale a été caractérisée par une récolte des fruits et légumes. La période d’automne a été marquée par la préparation du sol pour les futures cultures, via la création de lits en « lasagne » (image 2). En Novembre avec la venue d’un jardinier officiel à Suderbyn , le travail au jardin sera très largement intensifié et élargi , dans le but de produire et vendre les produits. Egalement nous avons construit un Jean-Pain compost pour chauffer l’eau (image 4), et mis en place des cultures en aéroponie dans le Dôme.
  • En termes de maintenance j’ai réalisé de nombreux travaux tels que des réparations de portes, vélos, pneus de voitures…
  • Chaque matin, 1 ou 2 personnes se charge de cuisiner végan pour toute la communauté.
  • En août, Suderbyn a organisé le festival «  no more war » composé de musique et workshop pendant 4 jours. J’ai donc aidé à sa préparation et encadré le festival.

    Image 4 : Célébration fin du Saint-Jean compost

 

Une croissance rapide de l’écovillage

Etant très actif, l’écovillage se développe très rapidement. De nombreux projets sont en cours telles que :

  • Production de biogaz
  • Cultures en aéroponie
  • Autonomie alimentaire et plus tard vente à l’extérieur

Et celui-ci est à venir, normalement l’été prochain :

  • Création d’un éco-village parallèle sur la propriété comprenant une dizaine de tiny-house (exemple : hobbit house) et d’une maison principale.

 

Croissance personnelle

Image 5 : Avec mes amies Nicky et Saraya

Ce séjour a été très riche. La plupart des personnes étaient en recherche, prêt à remettre en question ce qu’ils vivaient. Cette recherche de la découverte de soi-même, de l’autre et de la nature, partagée  par beaucoup, permettait d’attendre très rapidement des discussions profondes sur notre vie.

Ce lieu m’a permis de rencontrer et d’avoir des amis du monde entier (image 5).

 Vivre à Suderbyn m’a permis de m’affirmer dans ma prise d’initiative, de décision, de parole au sein d’un groupe, et même diriger un groupe. Je me suis également ouvert sur de nombreux de domaine telles que la musique. Grâce aux nombreux instruments disponibles, les  « drums sessions »  furent passionnantes. J’ai là-bas acheté et appris le Ukulele car je sentais que l’endroit était propice pour commencer la musique.

A Marseille, je consacrai peu de temps aux travaux manuels. A Suderbyn j’ai eu l’opportunité d’utiliser mes mains pour construire, réparer, planter et ainsi m’ouvrir au travail manuel.

De plus, travailler la terre, récolter et manger notre nourriture, permettait une certaine connexion avec la nature.

Je peux ajouter l’amélioration considérable de mon anglais, et la satisfaction de pouvoir facilement entrer en communication avec des personnes étrangères.

 

Retour à Marseille

Les premiers jours à Marseille ont été difficiles. Affronter une réalité dans laquelle entrer en relation avec un inconnu est difficile, une réalité privée de nature, une réalité où la pauvreté est très présente, m’a mis un coup au moral. J’ai vu l’immense décalage entre l’éco-village, petit paradis sur Terre et la ville. J’ai vu le travail immense à faire dans la ville.

J’ai vu un immense arbre plein de vie en dehors de la ville alimentant par ces racines la ville de béton, les êtres vivants dans et près de cette arbre reçevant de l’arbre et donnent en retour à la ville.

Réagencer la ville pour augmenter les interactions sociales, pour reconnecter les personnes avec la nature, est une nécessité.

Ainsi cette expérience dans cet écovillage ne m’a pas donner envie de fuir la ville, mais au contraire de la transformer de l’intérieur, par l’inspiration que procure les éco-villages.

Contact :

 

 

Je remercie les personnes que j’ai pu rencontrer à Suderbyn, pour m’avoir accueilli et permis de vivre pleinement cet experience.