Qui sont les nouveaux dirigeants de l’UE ? Christine Lagarde en 3 points…

Avocate de formation, membre de la droite française, Christine Lagarde a été nommée pour prendre la tête de la Banque centrale européenne (BCE). La directrice du Fond monétaire international (FMI) présente un profil atypique, du fait de son absence d’expérience bancaire (une première à ce poste) et de quelques casseroles.

1. Une pionnière

Première femme patronne de la BCE, première femme à piloter le cabinet d’avocats américain Baker McKenzie, ancienne ministre de l’économie, première patronne du FMI, Christine Lagarde a le don d’inaugurer les nominations à la tête des plus grandes instances nationales et internationales.

Ministre de l’Economie sous la présidence de Nicolas Sarkozy, elle séduit la presse britannique notamment mais choque par son franc-parler. Elle demandera ainsi aux Grecs de « payer leurs impôts », suscitant de vives réactions en pleine crise grecque.

Un peu plus tard, ce sont ses relations privilégiées avec l’ancien chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, qui lui permettent d’accéder au poste de directrice du Fonds monétaire international en 2011. Cette nomination, surprenante puisque l’institution est d’ordinaire dirigée par un économiste, ne pose pourtant pas problème : elle sera reconduite à ce poste en 2016.

Sa nomination à la tête de la BCE au 1er novembre prochain n’allait pas non plus de soi. C’est la première fois qu’une femme est nommée à la tête de l’institution. Mais c’est surtout la première fois que la BCE ne sera pas dirigée par un banquier central : tous les prédécesseurs l’avaient été. Elle compte cependant deux appuis de taille : Emmanuel Macron et Angela Merkel.

2. Un bagage utile pour diriger la BCE ?

Ni économiste, ni banquière, Christine Lagarde apporte certes le poids politique de son expérience internationale qui l’a amené à rencontrer la majorité de ses futurs pairs. On lui reconnaît les qualités d’être très travailleuse, de savoir s’entourer et d’avoir un vrai sens de la négociation. Trois qualités qui lui seront fort utiles pour aborder notamment les relations houleuses avec Donald Trump et gérer les tensions entre la Banque centrale européenne et l’Italie.

3. Quelques casseroles…

Dès 2013, Christine Lagarde est rattrapée par l’affaire de l’arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais. C’est en effet Christine Lagarde, alors ministre de l’Economie, qui a mis en place le tribunal d’arbitrage qui décidera du versement, aux frais de l’Etat, de 404 millions d’euros à l’homme d’affaires dans ce litige. Mise en examen pour « négligence » en août 2014, Christine Lagarde sera jugée devant la Cour de justice de la République en décembre 2016. Au terme du procès, le parquet requiert sa relaxe, mais la Cour la déclare coupable de « négligence ». Christine Lagarde sera dispensée de peine et sa condamnation ne sera pas inscrite à son casier judiciaire. La même année, elle sera malgré tout reconduite à la tête du FMI. Elle devait diriger l’institution jusqu’en 2021.

Petits rappels

Qu’est-ce que la Banque centrale européenne ?

  • Rôle : gérer la monnaie unique, assurer la stabilité des prix et mener la politique économique et monétaire de l’UE
  • Présidente : Christine Lagarde
  • Membres : le président et le vice-président de la BCE, ainsi que les gouverneurs des banques centrales de tous les États membres de l’UE
  • Création : 1998
  • Siège : Francfort (Allemagne)
  • Site web : Banque centrale européenne

Et le rôle de sa présidente ?

Le gouverneur a une vue d’ensemble du fonctionnement de la BCE. La compétence principale de la banque est de veiller à la stabilité des prix à travers un levier précis, le taux directeur. Celui-ci détermine en principe le coût du crédit en Europe, les banques commerciales étant censées répercuter les hausses ou les baisses du taux sur les prêts accordés à leurs clients.

Les décisions prises se font en association avec les trois instances de la BCE : le directoire, le conseil des gouverneurs et le conseil général. Toutes sont présidées par le gouverneur de la banque centrale.

Son portefeuille de compétences s’est légèrement étoffé depuis la création du Conseil européen du risque systémique. Destinée à repérer les risques financiers internationaux, cette institution est en effet chapeautée par le gouverneur de la BCE.

Dans chaque instance où il intervient, le président de la BCE « dirige les débats, tranche et modifie si nécessaire les orientations prises », précise Frédéric Allemand, chercheur à l’ENS et maître de conférences à Sciences Po.